Les 10 meilleurs films sur l’histoire du Québec

Que ce soit pour vous mettre dans l’ambiance avant de découvrir le Québec ou bien pour vous remémorer votre voyage dans la Belle Province, préparez le pop-corn, installez-vous confortablement et voyageons dans le temps avec 10 films réalisés avant 2020.

Gardez à l’esprit que ces films ne sont pas des documentaires historiques neutres, mais ils permettent tout de même de saisir l’esprit du temps. Certains sont des adaptations de romans du terroir, d’autres des fictions pures ou encore des fresques historiques ou des biographies plus ou moins fidèles à la réalité.

Hochelaga : Terre des âmes (François Girard, 2017)

Lors d’un match du football au pied du Mont-Royal, une partie du terrain s’effondre. Le fontis ainsi formé est la métaphore d’un trou de mémoire. Les suites chamaniques d’un massacre fictif de 1267 constituent la trame de fond tandis que les découvertes de la fouille archéologique nous transportent dans le passé:

  • 1535 avec l’arrivée de Jacques Cartier à Hochelaga,
  • 1687 avec une rencontre amoureuse et une épidémie à Ville-Marie,
  • 1837 avec la révolte des patriotes à Montréal.

Bien que le film soit une fiction, il comblera les mordus d’histoire, puisqu’il parvient à donner un aperçu de la complexité du passé avec des sujets traités tout en nuance. Il y a également un réel effort pour obtenir un résultat authentique: décors, costumes ainsi que langues. Préparez-vous en effet à entendre parler algonquin, mohawk, français, vieux-français, anglais, latin ainsi que créole et arabe.

Histoire de vous mettre l’eau à la bouche avant d’entamer cette excellente fresque historique, lisez l’article du Devoir: Hochelaga au TIFF.

À Montréal, un match de football est interrompu lorsqu’un affaissement de terrain survient sur la surface de jeu. Le trou créé devient rapidement un site archéologique. C’est là que l’universitaire et archéologue mohawk Baptiste Asigny décide d’entreprendre des fouilles. Au fil des objets qu’il retire du sol, des secrets du passé prennent vie. Plusieurs générations de personnes de cultures différentes ont occupé ce lieu et se sont côtoyées, parfois dans la violence. 750 ans d’histoire résident dans cette terre. Ce serait même peut-être l’endroit où Jacques Cartier s’est entretenu avec des Iroquois du petit village Hochelaga, qui allait bientôt porter le nom de Montréal.

Synopsis, Cinoche.com

Robe noire (Bruce Beresford, 1991)

Suivons le Père Laforgue lors d’un immense périple d’un poste de traite des fourrures nommé Québec à une mission jésuite en territoire Huron-Wendat, beaucoup plus loin à l’Ouest. Nous sommes vers 1634, ce sont donc les débuts de la colonie française que vous observerez: l’importance des Autochtones pour les alliances et le commerce, les espoirs déçus des Français de les assimiler, l’inverse qui se produit (des Français qui adoptent le mode de vie autochtone) et enfin le fameux et terrible choc biologique, sur fond de choc des cultures.

En 1634, un jésuite, fraîchement débarqué de France, est envoyé en Huronie pour assurer la relève dans une mission décimée par une fièvre que les Amérindiens attribuent aux religieux. Un interprète français et des Algonquins l’accompagnent. La mission du jeune père Laforgue est dangereusement compromise quand lui et ses compagnons tombent aux mains des Iroquois.

Synopsis, Maison de la Littérature

Le Dernier des Mohicans (Michael Mann, 1992)

Certes, le Dernier des Mohicans ne se passe pas au Québec et le film couvre davantage le camp américano-britannique que le franco-canadien, mais il n’est ni plus ni moins que la référence du genre sur le sujet: la Guerre de 7 ans (Guerre de la Conquête) en Amérique du Nord.

Il rend particulièrement bien compte de la petite guerre que menaient Autochtones et Canadiens. Il retranscrit ainsi un aspect intéressant de ce conflit dans cette partie du monde: la plus grande proximité entre Français et Britanniques, bien qu’ennemis, qu’avec leurs alliés respectifs Autochtones et « coloniaux ».

En 1757 dans l’État de New York, alors que la guerre fait rage entre Français et Anglais pour l’appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux sœurs, Cora et Alice Munro jusqu’à leur père. Ils sont sauvés d’une embuscade par Hawkeye, un frontalier d’origine européenne, élevé par le Mohican Chingachgook et son fils Uncas. Les trois hommes acceptent d’escorter les deux jeunes filles jusqu’à leur destination.

Synopsis, Cinoche.com

15 février 1839 (Pierre Falardeau, 2001)

La révolte des patriotes est ici entièrement traitée depuis la prison. Vous découvrirez quelques personnages clefs et leurs nombreuses réflexions sur la situation et le devenir politiques du Canada des années 1830. De nombreuses scènes nous renseignent aussi sur la réalité de l’époque: parti-pris différent entre les curés de campagne et le clergé, recrutement des soldats et conditions de vie en prison.

Au lendemain de l’insurrection des patriotes québécois en 1837, huit cents d’entre eux sont enfermés à la prison de Montréal. Parmi ceux-ci, une centaine de condamnés à mort. Au petit matin du 14 février 1839, Marie-Thomas Delorimier et Charles Hindelang ainsi que trois de leurs compagnons apprennent qu’ils seront pendus le lendemain. Le film raconte les dernières vingt-quatre heures des deux hommes. Leurs doutes, leurs peurs, leurs espoirs. Pris dans une mécanique sans pitié, ils affrontent la mort. Leur mort. C’est leur seule certitude. Comme dans la Passion, les deux hommes marchent vers la mort et font face à leur destinée tragique.

Synopsis officiel

Séraphin, un homme et son péché (Charles Binamé, 2002)

Ce drame romantique se déroule dans les Laurentides, à la fin du XIXè siècle. L’industrie forestière, le défrichage et les saisons rythment la vie. Cette adaptation du fameux roman du terroir de Claude-Henri Grignon met magnifiquement en scène la vie des colons canadiens-français ainsi que les préoccupations de l’époque.

Malgré son amour passionné pour un homme indépendant et honnête, la fille d’un marchand accepte d’épouser le maire du village, un homme avare et sans-cœur. Elle veut ainsi éviter à son père une faillite humiliante.

Synopsis, Cinoche.com

Louis Cyr : L’homme le plus fort du monde (Daniel Roby, 2013)

Dès le début nous sommes immergés dans le quotidien canadien-français en Nouvelle-Angleterre (États-Unis). Le film expose les efforts de Louis Cyr, homme fort, pour s’extirper de sa condition sociale modeste.

Louis Cyr est un être d’exception qui fut catapulté dans la Légende grâce à ses nombreux exploits. Il s’agit non seulement de l’histoire de ce héros mythique, mais également de l’histoire d’un homme extrêmement vulnérable, un homme qui a surmonté plusieurs combats dont les plus durs se sont tenus hors de l’arène sportive.

Synopsis officiel

La Bolduc (François Bouvier, 2018)

Extraordinaire portrait du Montréal d’avant-guerre. On y retrouve la revanche des berceaux, la Grande Dépression, les suffragettes et plus largement la condition des femmes dans les années 1930.

Peu de temps après que Mary Travers ait rencontré Édouard Bolduc, ils se sont mariés et ont commencé à fonder une famille. Quand Édouard perd son emploi à l’usine, Mary accepte de remplacer un violoniste dans une soirée folklorique. La jeune femme connaît rapidement le succès dans un Québec en plein changement, qui vit ses premiers élans de la lutte pour les droits de la femme. Mary Travers Bolduc se fera appeler dès lors La Bolduc par le public et sera rapidement confrontée à de grands débats moraux : rester auprès de ses enfants ou partir en tournée et subvenir aux besoins matériels de sa famille.

Synopsis, Cinoche.com

Maurice Richard (Charles Binamé, 2005)

Un film sur un joueur de hockey dans une liste de films historiques? Et bien oui! Non seulement Maurice Richard était un professionnel renommé dont le parcours est historiquement significatif dans l’histoire de la LNH et plus particulièrement des Canadiens de Montréal, mais le film aborde parallèlement un tout autre sujet. Celui de la condition sociale dans Canadiens-français au Québec des années 30, 40 et 50, ainsi que la place de la langue dans les relations professionnelles. La reconstitution d’époque est irréprochable.

Après un début de carrière difficile marqué par diverses blessures et des rapports tendus avec son entraîneur Dick Irvin, Maurice Richard, hockeyeur canadien de l’équipe de Montréal acquiert le statut de star. Ses exploits nourrissent les aspirations du peuple canadien français. Maurice Richard reste malgré tout un homme d’une grande humilité. Il mène une vie paisible avec sa femme Lucille et ses enfants. Peu loquace, il préfère s’exprimer sur la patinoire, où chacune de ses apparitions suscite clameur et émotion. Or, sa fougue caractéristique lui cause parfois des ennuis. En 1955, il est banni des séries éliminatoires pour avoir frappé un arbitre. Outrés, ses partisans descendent dans la rue pour protester. Lorsque la manifestation tourne à l’émeute, le hockeyeur doit intervenir à la radio pour calmer la population.

Synopsis, Allocine.fr

La Passion d’Augustine (Léa Pool, 2015)

C’est l’histoire d’un couvent qui abrite un pensionnat, une école de jeunes filles, dans les années 1960. Vous l’avez deviné, l’heure est à la Révolution tranquille! Période bouleversante pour les institutions religieuses, mais aussi pour celles et ceux qui sont rentrés dans les ordres. C’est donc du point de vue l’église qu’est abordée cette période charnière et récente de l’histoire québécoise.

Mère Augustine, une religieuse passionnée et résiliente, dirige avec succès son couvent, spécialisé en musique, aux abords du Richelieu. Un jour, sa soeur lui demande de prendre sa nièce Alice sous son aile pendant un certain temps. La jeune femme, un peu rebelle, est une pianiste hors pair et rappelle à Augustine un passé qu’elle s’efforçait d’oublier. Un jour, les Soeurs apprennent que le gouvernement du Québec instaure un système d’éducation publique. Elles comprennent dès lors que l’avenir de leur école est menacé, et avec elle celle de toute une génération d’institutions aux vocations religieuses.

Synopsis, Cinoche.com

C.R.A.Z.Y. (Jean-Marc Vallée, 2005)

Terminons avec le chef d’œuvre qu’est C.R.A.Z.Y., qui nous replonge dans les années 60-70. Là encore nous retrouvons la Révolution tranquille et la société québécoise en pleine évolution. Nous suivons cette fois-ci la vie d’une famille québécoise de la classe moyenne.

Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur.

De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu’il cherche désespérément à retrouver, Zac nous raconte son histoire…

25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons.

C’est le début de C.R.A.Z.Y., le récit de la vie d’un petit garçon puis d’un jeune homme pas comme les autres, qui va jusqu’à renier sa nature profonde pour attirer l’attention de son père.

Synopsis, Allocine.fr

Bonus

Ces 10 films ne vous suffisent pas? En voici quelques autres à regarder:

  • Pieds nus dans l’aube (Francis Leclerc, 2017): basé sur le roman autobiographique de Félix Leclerc, une année charnière de sa vie à La Tuque en 1927. Avec Justin Leyrolles-Bouchard, Roy Dupuis, Julien Leclerc, Catherine Sénart et Guy Thauvette.
  • Le Survenant (Érik Canuel, 2005): adaptation du roman du terroir éponyme de Germaine Guèvremont, met en scène la société agricole du début du XXè siècle. Avec Jean-Nicolas Verreault, Anick Lemay et Gilles Renaud.
  • Les Plouffe (Gilles Carle, 1981): portrait d’une famille ouvrière de Québec dans les années 30-40, sur fonds de crise économique, puis de guerre mondiale. Avec Gabriel Arcand, Rémi Laurent, Pierre Curzi, Denise Filiatrault, Juliette Huot et Émile Genest.
  • Octobre (Pierre Falardeau, 1994): l’enlèvement, la séquestration et la mort du ministre Pierre Laporte du point de vue de ses 4 ravisseurs, collectivement responsables. Avec Luc Picard, Hugo Dubé, Pierre Rivard, Denis Trudel et Serge Houde.
  • Le Revenant (The Revenant, Alejandro González Iñárritu, 2015): le monde des trappeurs dans l’Ouest, monde indissociable de Montréal et Québec, qui ont été dépendantes du commerce de la fourrure. C’est aussi la première fois qu’une super-production américaine souligne la présence canadienne-française à cette époque. Avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson et Will Poulter.
  • La Loi du silence (I confess, Alfred Hitchcock, 1953): une histoire d’amour sur fonds d’enquête pour meurtre, l’action a lieu à Québec. Ce film ne mérite pas d’être dans cette liste car il n’y a aucun lien avec l’histoire locale (Hitchcock aurait tout aussi bien pu le faire en Irlande), mais c’est une rare occasion d’admirer la ville de Québec des années 50, donc à ne pas manquer. Avec Montgomery Clift, Anne Baxter et Karl Malden.
  • Bon Cop, Bad Cop (Érik Canuel, 2006): le résultat de cette histoire complexe et mouvementée, ce sont les deux solitudes canadiennes que ce film bilingue explore sous couvert de l’humour. Avec Patrick Huard, Colm Feore, Lucie Laurier, Sylvain Marcel et Pierre Lebeau.

Pourquoi ces films ont-ils été sélectionnés?

Pour faire ce top 10, j’ai d’abord essayé de recenser tous les films qui abordaient de près ou de loin l’histoire du Québec et qui n’étaient pas des documentaires. J’en profite pour remercier celles et ceux qui m’ont aidé, ils se reconnaîtront. Ensuite il a fallu épurer cette sélection en tenant compte de trois critères:

  • Le film doit être bon. Il n’est pas nécessaire qu’il soit un chef d’œuvre acclamé par la critique et le public, mais il ne doit pas être un navet reconnu comme tel.
  • Le film doit bien retranscrire l’air du temps, il doit nous plonger avec succès dans l’ambiance de l’époque. L’histoire en tant que telle ainsi que les personnages peuvent donc être entièrement fictifs. Ce qui compte, ce sont les décors, les costumes et surtout certains propos qui inscrivent l’œuvre dans un contexte historique crédible.
  • Si le film n’est pas une pure fiction, à défaut d’être parfaitement neutre et objectif, le sujet doit être traité en profondeur et le plus possible en nuance. On termine le film avec le goût d’en apprendre plus sur le sujet plutôt qu’avec des certitudes.

Enfin, j’ai classé les films par période historique ou sujet traité et j’ai fait une dernière sélection afin d’avoir 10 films qui permettent de couvrir convenablement l’histoire du Québec sans trop de redondance.

Curieux de savoir quelles scènes et répliques sont particulièrement pertinentes et crédibles? Discutons-en lors de votre prochaine venue à Québec après un de nos tours guidés.